Élue femme la plus sexy en 1996, Gillian Anderson ne s’y reconnaissait pas du tout

Élue femme la plus sexy en 1996 sans s’en sentir digne, l’actrice raconte dans Vogue le long chemin vers des vêtements qui lui ressemblent enfin.

Thomas Vigneron Par Thomas Vigneron
3 min de lecture
Élue femme la plus sexy en 1996, Gillian Anderson ne s’y reconnaissait pas du tout
Photo d’illustration. Une robe élégante en dentelle blanche suspendue à une porte.

En bref

  • Gillian Anderson raconte son parcours vestimentaire dans un texte publié par Vogue.
  • Deux rôles, Stella Gibson puis Jean Milburn, ont nourri son assurance.
  • Elle a porté une robe ornée de vulves aux Golden Globes 2024.
  • Elle a clôturé un défilé Miu Miu, une première pour elle.

Le titre de « Femme la plus sexy du monde » ne dit rien de ce que la personne couronnée ressent. Gillian Anderson le raconte dans un texte à la première personne publié par Vogue : en 1996, quand les lecteurs du magazine FHM l’ont élue, elle ne se sentait pas sexy du tout.

Un titre qui ne correspondait à rien de vécu

À l’époque, elle élève une enfant en bas âge et travaille sans relâche. Pendant l’entretien pour FHM, elle porte un vieux pyjama trop grand. Le fantasme projeté sur elle n’avait, dit-elle, rien à voir avec sa réalité.

Ses tenues de ces années-là oscillent entre deux pôles. Elle évoque des jupes très courtes et des pantalons taille basse, portés pour provoquer, et la honte ressentie sous le regard de son père dans un Starbucks. Sa formule résume le tout : « Pendant la majeure partie de ma vie, je n’ai eu que deux choses en tête en m’habillant : me cacher ou impressionner. »

Elle précise aussi que la robe d’Eduardo Lucero, portée à la soirée des Oscars de Vanity Fair en 2001, répondait à un problème de dernière minute : le jersey translucide prévu au départ révélait ses poils pubiens.

Le déclic : San Diego et les petites robes d’été

Le premier changement ne vient pas d’un styliste. Elle se met en couple avec un ancien mannequin et acteur, à l’aise dans son corps. Entre deux semaines de travail de 80 heures, ses week-ends à San Diego, faits de surf et de course à pied, lui font redécouvrir ce que signifie habiter son corps plutôt que de le maintenir en état de marche.

Elle se met alors à porter de petites robes d’été, des shorts et de petits hauts. Non pour plaire, mais parce que ces pièces reflétaient une facette d’elle-même qu’elle n’avait jamais osé montrer. Elle précise qu’elle n’avait pas encore trouvé son propre style.

Deux rôles pour reprendre confiance

Elle écrit : « Il m’a fallu des décennies avant de me mettre à choisir mes vêtements non pas pour plaire aux autres, mais à moi-même. » Deux personnages ont joué le rôle d’accélérateurs.

  1. Elle incarne la commissaire Stella Gibson dans The Fall, aux chemisiers en soie et jupes crayon. Interpréter une femme dont l’intention est de se faire plaisir à elle seule fut, dit-elle, une révélation sur ce que signifie se sentir forte.
  2. Elle joue la sexologue Jean Milburn dans Sex Education, personnage qui semble ne jamais se soucier du regard des autres.

Selon elle, ces deux femmes l’ont aidée à réconcilier la travailleuse, la star et la féministe. En les interprétant, elle a fini par agir comme elles.

Une liberté assumée, des talons carrés en prime

De cette assurance découle la robe ornée de vulves des Golden Globes 2024. « Parce qu’une robe, ce n’est jamais juste une robe », écrit-elle. Ce qui l’a frappée, c’est la vitesse à laquelle la discussion a quitté la mode pour aborder le corps féminin, la frontière entre art et obscénité, et la question de savoir qui décide du bon goût. Elle indique avoir commencé à être connue à 24 ans et ne l’aurait pas cru possible de provoquer un tel débat un jour.

Cette année, elle a aussi clôturé un défilé Miu Miu, une première pour elle, présenté lors de la Fashion Week de Paris Automne 2026 d’après la légende de Vogue. Derrière l’air serein, elle luttait contre des talons carrés, la mousse recouvrant le podium et des sous-vêtements Spanx qui n’épousaient pas son corps. Sa réponse : mettre un pied devant l’autre, et marcher.

Photo : Yves Matuba / Pexels

Thomas Vigneron

Mode, lifestyle, high-tech, sport et automobile

Thomas Vigneron

Thomas Vigneron couvre pour UnMec.fr la high-tech, les jeux vidéo, l'automobile, le cinéma et les séries. Il a longtemps réparé des téléphones dans une boutique de Nantes avant de passer de l'autre côté du comptoir pour raconter ce qui vaut vraiment l'achat. Il lit les fiches techniques jusqu'à la dernière ligne et joue le soir sur une console qu'il prétend avoir prise pour le travail.