Mode

Celine printemps-été 2027 : Michael Rider mise sur l’allure pressée

Soixante et onze passages, une paillote dans un jardin parisien et un rouge sur rouge : le détail des pièces et des accessoires à retenir du défilé, du manteau de cuir aux chaussons en daim.

Sofiane Meziane Par Sofiane Meziane
5 min de lecture
Celine printemps-été 2027 : Michael Rider mise sur l’allure pressée
Allée de tilleuls du jardin du Palais-Royal, image d'illustration de l'article sur la collection printemps-été de Celine.

Pour le printemps-été 2027, Michael Rider propose chez Celine une mode qui a l’air attrapée au vol, mais dont la coupe reste précise. Soixante et onze passages, destinés aux femmes comme aux hommes, ont été présentés à Paris, et plusieurs pièces se repèrent déjà pour la saison prochaine.

En bref

  • Soixante et onze passages, destinés aux femmes comme aux hommes, ont été présentés à Paris, et plusieurs pièces se repèrent déjà pour la saison prochaine.
  • Là où Slimane imposait une silhouette étroite et rock, Rider donne de l’aisance à l’ensemble, des pantalons aux épaules des manteaux, toujours selon Essential Homme.
  • Il prévient toutefois que les pièces principales de la maison coûtent plusieurs milliers d’euros et ne seront en magasin qu’à partir de début 2027.

Une paillote dans un jardin parisien

La mise en scène est restée discrète. Selon Vogue, le public était installé sous une palapa Celine, au milieu d’un jardin luxuriant, par un jour de soleil presque irréel. Essential Homme situe cette grande paillote dans la cour d’un musée et note l’absence de décor spectaculaire, dans une semaine où les maisons rivalisent d’effets. Les invités étaient assis sur d’étroites banquettes, serrés les uns contre les autres, des feuillages au-dessus d’eux.

Le directeur artistique ne s’abrite derrière aucune référence savante. D’après les deux médias, il avance à l’intuition avec son équipe, sans planches d’inspiration ni artistes convoqués pour justifier la collection. En coulisses, il a décrit sa démarche à Vogue :

« J’aime l’idée de puiser dans des éléments familiers sans pour autant tomber dans les clichés. »

Michael Rider, directeur artistique de Celine

Il se dit aussi attiré par le style accidentel et spontané, par les vêtements que l’on porte sans calcul. Il précise ne pas planifier ses tenues, tout en reconnaissant le plaisir de composer un look dans lequel on se sent bien. Pour lui, l’intérêt de la maison tient à une tension : c’est un lieu exigeant, et l’on y vient chercher de vrais vêtements.

Cette approche s’appuie sur un parcours connu. Essential Homme rappelle qu’avant de partir à New York, il a passé environ dix ans dans le studio de Phoebe Philo, où il dirigeait le design, puis qu’il a travaillé pour Polo Ralph Lauren. Il doit aujourd’hui composer avec l’élégance parisienne historique de Celine, avec l’ère Philo, avec la période Hedi Slimane et avec sa propre culture du sportswear américain. Là où Slimane imposait une silhouette étroite et rock, Rider donne de l’aisance à l’ensemble, des pantalons aux épaules des manteaux, toujours selon Essential Homme.

Chaque siège portait aussi un badge inspiré d’une réplique de la performeuse Dorian Corey, issue de la scène drag de New York, extraite du documentaire Paris is burning (1990). La phrase, citée en substance par Essential Homme, salue quiconque place très haut son ambition, même sans atteindre la cible. Le créateur a jugé que ces mots faisaient écho à notre époque.

La silhouette, du noir d’été au tailleur blanc

71passages, femmes et hommes confondus
17numéro du look en rouge sur rouge cité par Vogue

Le premier passage montre une robe noire d’été, longueur mollet, à col en V et taille légèrement marquée, chaussée d’escarpins pointus. Il s’achève sur un tailleur blanc : pantalon fluide à taille haute et bottines lacées dont les talons hauts sont recouverts de satin.

Entre ces deux extrêmes, Vogue cite une robe fourreau de velours noir dont la traîne repose sur un bras, du satin froissé pour des robes comme pour des manteaux, des pièces en cuir à la ligne nette, et des t-shirts ou chinos mixtes. Côté femmes, une tunique argentée plissée à l’ourlet fendu se porte sur un pantalon, avec un petit cabas à pois au creux du coude. Une jupe assortie à un haut épaules nues, en taffetas noir, complète le tableau, le manteau jeté sur le bras malgré la chaleur de la ville.

Les matières, souvent raides et satinées, sont dominées par le noir et le bleu minuit, d’après Essential Homme. Les pantalons bouffants en soie, resserrés par un cordon et déjà remarqués lors du défilé homme de juin, reviennent avec un imprimé patchwork. Un sarouel argenté donne de la légèreté à une silhouette qui aurait pu sembler trop sage. Le rouge, que Rider avait imposé dès sa première présentation masculine, apparaît en plusieurs nuances superposées, notamment dans le look 17, et devient presque une couleur de base.

L’impression générale est celle d’une sortie précipitée : un pantalon coincé dans la chaussette ou la chaussure, des garçons qui semblent rentrer d’Ibiza, des baskets volontairement éraflées sous des manteaux de cuir impeccables. Le désordre se joue dans la manière de porter les pièces, jamais dans leur coupe, et c’est ce qui rend l’ensemble facile à transposer.

Les détails à repérer

Vogue consacre un article distinct aux accessoires du défilé, annoncés en titre par des sacs XXL, des ceintures marquées et des lunettes de soleil rondes. Sur les podiums eux-mêmes, les deux sources relèvent des détails plus fins :

  • Chaînette en guise de ceinture : elle s’accroche au bouton central d’une ou deux vestes de tailleur.
  • Ceinture très fine : elle serre un manteau ample, dans la collection masculine.
  • Chaussons en daim : ils se ferment par deux boucles latérales, dans le prolongement de la mode des chaussures plates.
  • Boucles d’oreilles en perles : elles se balancent à chaque pas.
  • Fente dorsale marquée : sur une veste en tissu très léger, le pli est conservé volontairement.

Pour adopter l’esprit de la saison sans acheter Celine, Essential Homme conseille un beau manteau en cuir, un chino à la coupe soignée, une pièce en satin noir et des chaussures plates, relevés d’une imperfection assumée. Il prévient toutefois que les pièces principales de la maison coûtent plusieurs milliers d’euros et ne seront en magasin qu’à partir de début 2027.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Gerda Arendt. Licence : CC0.

Sofiane Meziane

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Sofiane Meziane

Sofiane Meziane suit pour UnMec.fr ce qui se passe après le bureau : sorties, musique, cuisine du soir, week-ends en train et conseils de look. Il a grandi à Roubaix, au-dessus du snack de ses parents, et en a gardé une vraie exigence sur la qualité d'une sauce. Il essaie lui-même ce qu'il recommande avant de l'écrire, et sa liste de restaurants à tester ne raccourcit jamais.