De Cairanne dans la vallée du Rhône, revenons vers le Bordelais. Ici, le château Durfort-Vivens ne sera pas inconnu des œnologues patentés et des amateurs de bons vins. Il s’agit d’une vieille propriété située sur un terrain de choix, en pleine appellation Margaux. Le breuvage a été classé en 1855 au rang de « deuxième grand cru classé ». Depuis, son histoire n’a pas été linéaire, mais l’excellent cru produit de nos jours vaut le détour.

Une magnifique histoire

La propriété viticole actuelle doit son nom à une des plus vieilles et belles familles de la noblesse du royaume de France. Les Durfort de Duras ont eu cette demeure dès le XIIe siècle, et elle est restée dans leur escarcelle jusqu’au XIXe siècle. Ensuite s’est ouvert un nouveau cycle, notamment avec le rachat en 1937 du domaine par la SCM, la « société du château Margaux », le grand phare de l’AOC avec le château Palmer. Découvrez le château Durfort-Vivens en vidéo :

C’est l’un des principaux actionnaires historiques de la SCM qui gère aujourd’hui le château Durfort-Vivens : Gonzague Lurton, depuis 1992, en compagnie de son épouse Claire. Les vignobles en question (55 hectares) s’étendent à cheval sur Soussans, Cantenac et Margaux. Les graves accueillant les ceps sont à la fois très pauvres et extrêmement profondes. Un terrain qui n’est pas indifférent pour le raisin, puisque le cabernet-sauvignon en tire une maturité vraiment précoce, avec des tannins soyeux, une grande finesse, une fraîcheur juteuse ainsi qu’une robe inimitable à la clef.

Un très grand vin

Comme souvent à Bordeaux, le prix du grand cru varie en fonction du millésime et de l’année d’achat. Comptez plus de 40 € la bouteille, sauf exception. L’idéal est donc de s’en fournir lors des primeurs (à condition d’avoir une bonne cave). Le château Durfort-Vivens est pour près de 75 % encépagé en cabernet-sauvignon, 20 % en merlot et le restant en cabernet franc. Les vendanges sont faites à la main, avant une vinification parcellaire via des cuves bois et ciment. L’élevage se poursuit pendant dix-huit mois, avec près de la moitié de barriques neuves. Notes de truffes, de cerises noires et de violettes sont au rendez-vous, pour le plus grand bonheur des papilles ! Une garde de 10 ans au moins paraît assurée, même pour les « mauvaises » années.

Au printemps 2017, le média spécialisé Terre de Vins annonçait le passage en biodynamie intégrale du château Durfort-Vivens. En effet, celui-ci avait alors obtenu une certification dédiée : Demeter. Cette transition a été progressive entre 2009 et 2010 : au vu du produit, c’est une réussite. Tout cela est le fruit du travail de Gonzague Lurton et de ses collaborateurs :

Si le grand cru est trop onéreux, vous pourrez vous en offrir un avant-goût avec les seconds vins de la propriété : « le Relais de Durfot-Vivens » et « Vivens » tout court. Mais comme les amateurs se l’arrachent, il n’est pas si évident d’en trouver !

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