Pas de jardin ? Un balcon suffit, selon la paysagiste Miranda Brooks
Élevée dans une ferme anglaise, la paysagiste new-yorkaise partage sa routine quotidienne et ses repères pour débuter, du pélargonium au figuier en pot.
En bref
- Miranda Brooks, architecte paysagiste installée à New York, a reçu sa première commande d’Anna Wintour.
- Elle conseille de débuter avec un guide mois par mois et de petits pélargoniums.
- Selon elle, un balcon ou un rebord de fenêtre suffit pour profiter des bienfaits du jardinage.
- L’erreur classique du débutant consiste à partir en vacances sans tailler avant.
Pour Miranda Brooks, le jardin ne se résume pas à un décor : c’est un lieu où l’on apprend à ralentir. Dans un entretien publié par Vogue.fr, l’architecte paysagiste explique comment la terre l’aide au quotidien et livre des repères simples à ceux qui n’ont jamais tenu un sécateur, y compris en ville et sans terrain.
Une paysagiste formée à la ferme
Son rapport aux plantes remonte à l’enfance. « J’ai grandi dans une ferme, dans la campagne anglaise, avec des parents qui tenaient beaucoup à l’autosuffisance », raconte Miranda Brooks, architecte paysagiste. Détail savoureux, quand elle faisait une bêtise, on l’envoyait jardiner, une sanction qu’elle juge aujourd’hui très constructive.
Le chemin vers le métier n’a pourtant pas été direct. Elle commence par des études d’histoire de l’art à l’université, avant de bifurquer vers l’architecture paysagère à l’université de Birmingham. Elle fait ensuite ses armes auprès de la paysagiste Arabella Lennox-Boyd, puis part s’installer à New York. Là-bas, son tout premier client n’est autre qu’Anna Wintour. Les jardins sont depuis devenus son terrain de création et d’expérimentation.
Pourquoi le jardin calme l’esprit
L’idée centrale tient en peu de mots : jardiner force à lever le pied, à regarder attentivement et à se caler sur le tempo, plus lent, du monde végétal. Miranda Brooks en fait une pratique de chaque jour. Elle arrose, taille, cueille, prend le temps d’observer, et va jusqu’à arracher les mauvaises herbes pendant ses coups de téléphone.
Cette régularité n’est pas qu’un plaisir. La paysagiste insiste sur l’importance du bon moment : selon elle, laisser passer une tâche peut suffire à rater toute une saison.
« Il nous ancre pleinement dans le présent et apaise l’esprit. Il aide ainsi à mieux gérer le stress et l’anxiété. »
Miranda Brooks, architecte paysagiste
Elle ajoute que ces effets sont, à ses yeux, établis par la science, et renvoie à un ouvrage de la psychiatre Sue Stuart-Smith, L’Équilibre du jardinier, pour approfondir la question.
Les premiers pas, même sur un rebord de fenêtre
Bonne nouvelle pour les citadins : pas besoin d’hectares. D’après Miranda Brooks, un balcon, une fenêtre ou quelques plantes d’intérieur procurent les mêmes bienfaits qu’un vaste jardin. Elle-même cultive des géraniums odorants et des pélargoniums obtenus à partir de boutures. Ses repères pour se lancer :
- Un calendrier de référence : « Suivez unbon guide qui détaille le jardinage mois par mois, car l’année suit un rythme naturel. » Elle cite l’ancien guide The Gardening Year de Reader’s Digest.
- Une première plante : de petits pélargoniums.
- Des cultures gratifiantes : les herbes aromatiques, utiles et faciles, et les concombres, qui continuent de l’émerveiller.
- Pour un potager de balcon ou de terrasse : le figuier et le romarin, deux végétaux qui tolèrent un arrosage irrégulier. « Les figuiers sont très faciles à vivre et leurs feuilles dégagent un parfum délicieux », précise-t-elle.
Côté matériel, quelques outils de jardinage bien choisis facilitent ces premiers gestes de taille et d’entretien.
Sans balcon, adopter un arbre
Et pour ceux qui n’ont ni terrasse ni fenêtre ensoleillée ? La paysagiste propose une piste qui ne demande aucune plantation : « Choisissez un arbre que vous aimez dans un parc et apprenez à le connaître. » Une façon de suivre, au fil des mois, le rythme naturel qu’elle place au cœur de sa pratique.
Photo : cottonbro studio / Pexels
