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Luxe : Pékin réclame avant le 22 octobre les arriérés des trusts offshore

Les grandes fortunes chinoises doivent régulariser leurs trusts offshore avant le 22 octobre, au moment où les achats de luxe reculent aux États-Unis.

Sofiane Meziane Par Sofiane Meziane
4 min de lecture
Luxe : Pékin réclame avant le 22 octobre les arriérés des trusts offshore
Trois sacs à main de couleurs différentes, avec anses en cordon noir, posés côte à côte dans une pièce près d’un bonsaï.

Le luxe encaisse un double choc. En Chine, Pékin resserre l’étau fiscal sur ses contribuables les plus riches, précisément la clientèle qui tenait encore le secteur à flot. Aux États-Unis, premier marché mondial, les achats commencent à fléchir. Selon FashionNetwork, qui relayait le 9 octobre 2026 une enquête de Reuters, ce nouveau front s’ajoute aux retombées de la guerre en Iran.

En bref

  • Pékin impose aux contribuables fortunés de déclarer leurs trusts offshore et de régler leurs arriérés avant le 22 octobre.
  • Les acheteurs chinois pèsent environ un cinquième des achats de luxe dans le monde.
  • Aux États-Unis, les dépenses de luxe par carte suivies par Citi ont baissé en août pour le troisième mois d’affilée.
  • Le luxe discret et la haute joaillerie résistent mieux que les maisons plus voyantes.

Un secteur déjà essoufflé, des Bourses qui sanctionnent

Le marché mondial du luxe représente 312 milliards d’euros et tourne au ralenti depuis trois ans. Les investisseurs l’ont bien compris, et les valeurs phares de la place parisienne ont fondu depuis janvier, au point de retrouver des niveaux qu’on n’avait plus vus depuis plusieurs années.

350 Md$poids du marché mondial du luxe
-40 %recul approximatif des actions LVMH et Hermès depuis le début de l’année
-29 %baisse du titre Kering, maison mère de Gucci, sur la même période

Ce que Pékin exige de ses grandes fortunes

Les nouvelles règles visent les Chinois aisés qui ont logé leur patrimoine dans des trusts offshore. Ils ont jusqu’au 22 octobre pour déclarer ces actifs et solder des années d’impôts impayés. La taxe atteint 20 %.

Le coup porte là où ça fait mal. La Chine fournit environ un acheteur de luxe sur cinq dans le monde, et sa demande a nettement décroché depuis le Covid. Jusqu’ici, les très grandes fortunes résistaient mieux que la classe moyenne, plombée par une crise immobilière qui s’éternise. Alexis Bonhomme, directeur de Trinity Asia, cabinet de conseil en luxe installé à Shanghai, résume l’effet immédiat : « D’ici à la date limite de paiement de cet impôt, certaines personnes pourraient rencontrer des problèmes de liquidités ».

Vitrine de bijouterie avec des bustes blancs présentant des colliers, dont un pendentif bleu-vert et un collier de perles colorées, sur de la neige artificielle.
Dans l’univers du luxe, des colliers et pendentifs sont exposés sur des bustes dans une vitrine de bijouterie décorée de neige artificielle. Source : Pexels. Photographe : Robert So. Licence Pexels.

« Cela ne signifie pas qu’ils ne reprendront pas leurs achats, mais pour l’heure, le cœur n’y est tout simplement pas »

Alexis Bonhomme, directeur de Trinity Asia

Sur le terrain, les signaux concordent. Les analystes de Bernstein observent que, cet été, la fréquentation et l’activité des centres commerciaux de Chine continentale ont progressé beaucoup moins vite. À Pékin, Deng Qi, exportateur de céramique pour le bâtiment âgé de 51 ans, compte dépenser 20 % de moins en produits de luxe que les années passées, même s’il nuance : « Je ne pense pas que les personnes fortunées soumises à l’impôt sur les trusts offshore cesseront d’acheter des produits de luxe. »

Qui tient, qui décroche

Tous les noms ne souffrent pas de la même façon. Le contraste se lit marque par marque, et il dit beaucoup de l’humeur des clients fortunés.

Segment ou marché Tendance rapportée
Luxe discret (Brunello Cucinelli, Loro Piana) Meilleure performance en Chine au troisième trimestre, selon deux sources du secteur
Maisons ostentatoires (Louis Vuitton, Gucci) Distancées par les marques plus confidentielles
Gucci Kering annonce aux analystes un nouveau repli, plusieurs courtiers abaissent leurs objectifs de cours
Haute joaillerie (Cartier, groupe Richemont) Portée par l’attrait des clients aisés pour l’or et les matières précieuses
États-Unis Dépenses de luxe par carte suivies par Citi en baisse en août, troisième mois consécutif, sur fond de moral des ménages en berne

Pour qui suit les grandes marques de luxe masculines, le message est clair : la discrétion et les pièces précieuses séduisent davantage que le logo affiché. Ce constat décrit l’activité des maisons, il ne renseigne pas sur l’évolution des prix en boutique.

Les publications à surveiller

La saison des résultats trimestriels donnera la première mesure chiffrée de ce coup de froid.

  • LVMH ouvre le bal le lundi suivant la parution de l’enquête ; les analystes tablent sur 18,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires trimestriel, soit 1 % de plus qu’un an plus tôt.
  • Kering et Hermès suivent le 22 octobre, le jour même de l’échéance fiscale chinoise.

Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Rishabh Jain. Licence Pexels.

Sofiane Meziane

Mode, lifestyle, high-tech, sport et automobile

Sofiane Meziane

Sofiane Meziane suit pour UnMec.fr ce qui se passe après le bureau : sorties, musique, cuisine du soir, week-ends en train et conseils de look. Il a grandi à Roubaix, au-dessus du snack de ses parents, et en a gardé une vraie exigence sur la qualité d'une sauce. Il essaie lui-même ce qu'il recommande avant de l'écrire, et sa liste de restaurants à tester ne raccourcit jamais.