À l’entrée d’une dernière ligne droite décisive en Ligue 1, les relations entre l’Olympique Lyonnais et Clément Grenier semblent se dégrader de jour en jour. Une ambiance qui pourrait même pousser le jeune milieu de terrain à quitter son club formateur lors du prochain mercato.

Plus que jamais revenu dans la course à la deuxième place au classement, l’Olympique Lyonnais est désormais maître de son destin jusqu’à la fin de saison. Depuis l’arrivée de Bruno Génésio sur le banc des Gones, l’écurie de Jean-Michel Aulas a opéré une remontée spectaculaire sur l’AS Monaco. Bien aidé par le retour de bons nombres de cadres en cours de route, l’OL est en passe d’atteindre son objectif annuel, à savoir décrocher une place en Ligue des Champions. Mais malheureusement pour certains joueurs de l’effectif, une hiérarchie s’est irrémédiablement détaché au fil des rencontres, prônant nécessairement l’efficacité à l’ancienneté.

C’est notamment le cas pour Clément Grenier. Formé au club depuis ses 11 ans, ce pur produit de l’école lyonnaise a connu un exercice 2015-2016 en dents-de-scie. Souvent miné par des blessures à répétition, le Français n’a connu sa première titularisation de la saison que lors de la claque reçue au Parc des Princes contre le Paris Saint-Germain, le 14 décembre dernier (1-5). Depuis deux ans, le natif d’Annonay a pris part à seulement 21 matches de Ligue 1, pour 3 buts et 5 passes décisives. Des chiffres qui ne trompent pas.

Un lapsus qui ne trompe pas

Un faible temps de jeu qui pourrait bien avoir raison de la belle histoire qui unit le milieu de terrain des Bleus à l’Olympique Lyonnais. C’est du moins ce qu’à laissé entendre son président lors d’une conférence tenue à HEC Paris la semaine dernière. Questionné sur la façon de gérer un projet européen sur le long terme pour son club, le patron rhodanien a fini par évoquer le cas de son joueur de 25 ans en exemple : “Est-ce que les 500M€ investis en transferts par le PSG permettent de gagner la Coupe d’Europe ? Non. Est-ce que ça permet de jouer une demi-finale ? Non. Lyon a joué quatre quarts de finale au cours des dix dernières années et une demi-finale. Donc il ne faut pas désespérer et il faut imaginer que ce à quoi on croit fortement va se perpétuer et réussir. Il faut alimenter les ressources économiques qui elles-mêmes permettront demain de garder… bon Grenier, je ne suis pas sûr parce qu’on va le placer sur la liste des transferts. Pas pour gagner de l’argent mais parce que ça correspond pour lui à la capacité à retrouver une dynamique : en ce moment, il n’est pas trop bien”.

Un nom sans doute lâché dans la précipitation et sans réflexion préalable, mais lourd de conséquences. Dans le but de rapidement apaiser les esprits et préserver son groupe de futurs conflits internes au sein de la maison, l’homme d’affaires a même rectifié le tir dans la foulée, à l’issue de la belle victoire lyonnaise face à Toulouse, samedi (3-2). Un succès décroché notamment grâce au magnifique coup franc égalisateur de Clément Grenier inscrit après son entrée en cours de jeu. Au micro de Canal+, Jean-Michel Aulas n’avait pas d’autre choix que de revenir sur ses propos : “J’ai mal exprimé les choses. Je m’en excuse auprès de Clément. Sa réponse de ce soir est magnifique. Il fera comme il l’entend, il sera le bienvenu ici. Il a démontré qu’il était un grand joueur. Il a du plomb dans la tête”.

Une page déjà tournée ?

Un mea culpa de circonstances, certes, mais peut-être déjà trop tardif. Car si le principal intéressé avait dans un premier temps immédiatement répondu à son président en avouant qu’il “n’exclut pas un départ”, il est cette fois-ci allé bien plus loin dans ses propos. Invité de l’émission Luis Attaque sur RMC, le milieu des Bleus a d’une part confirmé ses dires, mais a également posé un ultimatum à sa hiérarchie : “La situation de ces dernières semaines n’est pas simple mais moi ce qui m’importe c’est de jouer, d’atteindre notre objectif collectif qui est de finir second. Je n’ai jamais lâché et je me suis préparé pour ce moment-là. Bien sûr, j’ai été touché, ce sont des moments difficiles. J’ai réagi sur le terrain comme j’aime le faire car il n’y a que là que ça fonctionne. Cela fait partie de la vie de footballeur. J’assume cela comme je peux”.

“Je n’ai pas encore totalement réfléchi à mon avenir personnel, car ce n’est pas le moment de discuter de ça. Il reste trois matches très importants, il faut rester focalisé sur ce qui va se passer d’ici la fin de saison. Si je dois être placé sur la liste des transferts comme le président l’a dit, on discutera dans un bureau. Je ne suis pas le seul décideur. Mais si je reste dans cette situation, je pourrais aller chercher du temps de jeu ailleurs. Si je dois rester je resterai, si je dois partir je partirai”, a conclu Clément Grenier. Pour le moment en tout cas, son entraîneur Bruno Génésio ne semble pas décidé à changer son onze-type pour ce cas particulier. Très satisfait de ses titulaires, il lui préfère régulièrement Jordan Ferri, Corentin Tolisso ou encore l’Espagnol Sergi Darder. Pas dit que ce rôle de “Numéro 4” contente l’international tricolore.

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